
Nouvelle plongée… dans l’intérieur de l’île, ses sentiers zetroits et sa chaleur étouffante. Nous allons faire la dernière partie des 69 kms du Mahoraid, en marchant et en papotant avec Virginie, Amélie, une nouvelle copine à elle, bien drôle, et Monique, fidèle du groupe de marcheurs des Naturalistes.
Le rendez-vous est fixé au col de Chirongui, rappelez-vous là où Jérôme s’était fait refaire des pieds (presque) neufs pendant le Mahoraid. Remember, c’était au mois de mai:
Nous suivons les traces de la course et j’hallucine au fur et à mesure: mais comment ont-ils pu courir par ces sentiers qui n’ont de nom que le mince filet de bande de terre qui serpente entre les herbes et, les racines traîtres. La vue sur le Choungi et le lagon est certes magnifique mais je doute qu’au bout de 55 kms, Jérôme ait pris le temps de l’admirer avant d’entamer les 14 derniers kms.
Très vite le sentier s’enfonce dans des sous-bois couverts de Lantana rose et blanc. On s’interroge d’un air pénétré avec le reste du groupe pour deviner le nom des arbres: manguier, litchier, anacardier (arbre à noix de cajou)…
Le reste de nos discussions est beaucoup moins scientifique. Cette journée fait du bien et la conversation suit le rythme de la marche. Nous traversons aussi un padza dont la terre rouge rappelle le coin de Puyloubier. Les padzas sont des endroits où il n’ y a plus de végétation, où la terre est « chauve » (ce que signifie leur nom).
On ramasse quelques noix de coco déjà germées pour les replanter. Je découvre le kapokier. Ses fruits sont des gousses qui renferment une sorte de coton blanc, le kapok. Il paraît qu’on s’en sert pour les matelas, les oreillers et les gilets de sauvetage sur les bateaux car c’est une matière imperméable. On observe aussi deux espèce d’oiseaux que je n’ai jamais vus: le pigeon des Comores et l’épervier de Frances.
On ne tarde pas à transpirer, la peau est moite puis dégoulinante comme au sortir de la douche. Le taux d’humidité est de 80% et j’ai beau avoir bu 3 L. d’eau, un mal de tête me prend en fin de matinée. Il nous tarde d’arriver à la plage annoncée de Mbouanatsa. Après 5 heures de marche et un pique-nique frugal, après des contorsions assez comiques pour se mettre en maillot alors que tous les vêtements collent à la peau, on se jette dans l’eau…DÉCEPTION ! L’EAU EST TELLEMENT CHAUDE QUE NOUS N’ARRIVONS PAS À NOUS RAFRAICHIR ! Je sais, un 29 novembre, c’est trop DUR. Elle doit être à plus de 30°. On arrive à sentir quelques courants d’eau froide.
Pendant ce temps, Jérôme passe un formidable moment avec ses enfants dans un plan « foireux » que je lui ai concocté: le marché de Noël de Mtsangabeach. L’ambiance est ultra détendue à mon retour à la maison. Il n’est déjà pas fan des marchés de Noêl …alors un triste regroupement avec 3 tentes d’artisanat (mais quand même LE trampoline de l’île) , tous les mzungus de l’île, un faux père Noël qui porte une montre (donc c’est même pas le vrai, dixit Mia) et l’impossibilité de se baigner (la mer est trop loin avec la marée basse)…. il est ravi. A cela s’ajoute une ambiance de dimanche soir électrique autour d’un devoir maison de maths à finir.
Bref, de quoi clore ce moment de communion avec la nature en beauté…