
Dimanche 4 octobre. Spéciale dédicace à Thomas, 20 ans, c’est beau ! Le lagon est un vrai lac. La bande est au complet: Apolline, Mallory, Marie, Mathieu, Mat »et mathiques » (blague d’Arthur, on ne s’ennuie pas, je vous le promets…) , Sophie et ses parents en vacances. On repart à nouveau vers le Nord. La vie qui frémit sous la surface argentée nous attend.
A toute vitesse nous passons sur des zones où l’eau est translucide. On dirait que la mer a retiré la couleur bleue pour nous dévoiler le fond de son âme et ses coraux verts et jaunes sont offerts à nos regards. La vitesse du bateau ajoute au côté surréaliste de cette vision impudique et incroyable.
Au loin, une masse noire saute puis disparaît dans de grandes gerbes d’eau. C’est un baleineau qui s’entraîne à sauter en compagnie de sa mère. Mais il est loin, très loin. Nous comptons une dizaine de sauts. Quand nous arrivons sur zone, plus rien. Nous scrutons l’horizon, tendus vers le moindre renflement à la surface.
Parfois une vague déferlante, une ombre, un objet flottant nous promettent une rencontre inattendue et nous illusionnent. Des thons sautent à la surface comme autant de signes alertes. Des petits crabes nagent à toute vitesse à la façon des tortues de bain mécaniques de notre enfance. Des exocets trouent la mer et disparaissent après un long saut horizontal comme happés par le fond. Deux boules blanches qui semblent être du polystyrène flottent à côté du bateau mais, surprise, un aileron. Le skipper, Nils, n’en revient pas. Il nous annonce un requin longimanus. On croit à une blague mais non. Ce requin existe bien, avec ses deux pointes blanches. On le cherche un moment … Enfin la caudale de la baleine réapparaît tandis qu’un groupe de turciops entre dans la danse. Baleine, requin, dauphins…on ne sait qui suivre.
Nous optons pour les dauphins turciops. Gris clair, calmes, joueurs. Nous les observons un moment puis Nils nous donne le top. Mathieu a fait promettre à Arthur depuis 15 jours qu’il viendrait avec lui nager en compagnie des dauphins. Il est prêt. Mia hésite encore un peu puis se décide. Elle est surtout contente de se baigner, met la tête sous l’eau et aperçoit le groupe qui tourne autour de nous. Moment magique comme à chaque fois.
Nous repartons vers le Nord. Beaucoup de navigation puis nous obliquons vers un groupe de dauphins adunctus, les grands dauphins. Sombres, imposants, puissants. Il n’est pas question de se mettre à l’eau avec eux. Ils claquent leur queue sur l’eau et font des sauts impressionnants.
Nous poursuivons vers l’îlot blanc dit « aux sternes ». Un oiseau voyageur nous accompagne. Fin, élégant. On dirait qu’il s’est échappé d’un Corto Maltese. Cette fois-ci les couleurs sont intenses. Le bleu sombre et le turquoise tranchent nettement avec le jaune de l’îlot.
Un groupe de dauphins stenelles à long bec vient nous voir et nous offre ses vrilles aériennes. Arthur et Jérôme comptent jusqu’à 7 vrilles pour un dauphin. Ils retombent sur le dos et découvrent leur ventre rose.
Cette matinée a été incroyable et il est déjà 13h30. Arthur a déjà dormi profondément et Mia est aussi fatiguée. Elle n’a cependant pas dormi car elle a trop de conversation à faire à toutes ces grandes filles.
Nous allons pique-niquer sur une plage de l’îlot Mtasmboro sous un arbre dont les fruits sont de véritables casse-têtes.
Puis, après le classique poulet massalé, lentilles, oignons au combava, Nils nous dépose faire du PMT près du petit îlot M’titi. Le tombant est fabuleux.
Sur la route du retour, dans la baie de Brandaboua, un groupe de cinq dauphins va nous offrir la dernière belle rencontre de la journée. Il y a là Chombo, Edgar, BMW, de vieilles connaissances de Nils ( j’ai cru qu’il parlait de touristes présents sur le bateau voisin…). Non, ce sont des grands dauphins côtiers, présents depuis 20 ans au moins à Mayotte. Ils sont reconnaissables à leurs caudales déchiquetées. Il y a aussi un dauphin hybride, phénomène assez rare mais présent à Mayotte. Il a les caractéristiques du grand dauphin et du dauphin à bosse. Enfin un jeune les accompagne. Ils viennent chasser des carangues sur le tombant.
Le spectacle de ce petit groupe est à la fois plein de calme et de grâce. On les regarde évoluer dans l’eau opaque en cette fin d’après midi, envoûtés par leur souffle régulier. Comme ils s’éloignent vers une eau plus claire, les plus téméraires du groupe tentent une dernière mise à l’eau. Le plus gros mâle va droit sur eux et frôle Jérôme. Arthur, à ses côtés, a eu peur mais vit un moment incroyable. Il a adoré ses 1° mises à l’eau avec les dauphins !
Merci Marie pour tes superbes photos !
Que de belles photos! Et ma popo chapeau pour l écriture! On frôle le poème! Certains noms ou mots me rappellent bien des souvenirs…
Ces photos me laisse sans voix.quelle merveilleuse expérience!
Bisou jbh
Je retiens: la capacité d’arthur de faire des blagues aussi subtiles que les miennes, les oignons au combava, la petite tête de Mia qui ne cesse de grandir, la plume de popo, le mot « Requin » (mon petit neveu m’aurait il menti ????) dans ce beau récit et tout ce bleu (du Picasso pour sur)…
Aaaaaaah je viens de regarder: le requin longimane est le « le requin le plus dangereux », dixit Wikipedia, aaaaaaah
Très impressionnant ! Et bravo les enfants : moi, je n’y serais pas allée ! Emerveillée et effrayée j’aurais été !
Merci de nous faire partager tout ça.
Bisous
Cette fois je vous envie : quelle chance, vous avez !!!!
Dire que le mercredi à Arcueil chez Hélène, je regarde les goupils dans leur aquarium en faisant réciter les leçons et que je les trouve très beaux.