Tsararano-Ongojou

By mayotte, juin 27, 2015

Après une pluie intense, une drache comme disent nos amis belges, je pars faire ma 1° randonnée avec l’association des Naturalistes. J’ai très envie de découvrir l’arrière pays. Mais les sentiers ne sont pas ou mal balisés, ils sont parfois mal fréquentés et les rencontres avec les zébus nerveux ne sont pas les moins dangereuses…Je passe prendre Virginie. RDV à Tsararano avec Jean Luc, ancien militaire baroudeur à la poigne vigoureuse. Il se révèle être une mine d’informations sur la flore que nous allons croiser tout au long de cette boucle de 12 kms.

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Petit florilège de fruits. Les noms s’affichent si vous passez la souris sur la photo.

On traverse des champs d’Ylang et l’odeur entêtante nous suit tout au long de la ballade. Des parcelles de terre sont cultivées mais elles sont rarement clôturées. Avant la saison des pluies, les habitants s’activent dans les champs avant que la terre rouge ne colle aux mains et aux pieds et soit impossible à cultiver. On y trouve des bananiers, des plants de manioc, de curcuma, de gingembre, des orangers. Cela ne ressemble pas du tout aux parcelles bien ordonnées que nous pouvons connaître en métropole.

Je suis heureuse de découvrir la forêt tropicale, les lianes majestueuses, les bambous géants, les fleurs porcelaine.

Nous traversons le village d’Ongojou et passons devant la plus moderne MJC qu’il m’ait été donné de voir. Rouge et grise, elle détonne dans ce petit village et contraste avec la petite école et ses vieux pupitres. La construction de MJC et de mairies est un sport local à Mayotte et celle-ci, finie depuis 1 an, n’a jamais été ouverte. Les bouénis installées en face  avec leur petit marché sur des palettes récupérées semblent défier de leur présence immuable cette masse de béton incongrue.

Les gens que nous croisons nous saluent avec de larges sourires, les enfants nous font des signes de la main. Ils reviennent chargés: des régimes de bananes, des brèdes (des feuilles), des sacs de manioc sur la tête. A la fin de la promenade, c’est l’heure de la lessive et de la toilette familiale. Mais en aval nous voyons flotter les dizaines de tubes de javel jaune. L’utilisation de la javel est un désastre pour l’environnement mais il est difficile de faire changer les habitudes. L’eau polluée va se déverser dans le lagon. Le linge sèchera étalé sur les toits ou dans les champs, impeccablement récuré avec la javel.

Nous revenons à Tsararano par le sentier que Jérôme a pris lors du Mahoraid. Il a certainement suivi ce parcours dans le sens inverse. L’une de mes chaussures a rendu l’âme après 15 ans de bons et loyaux services. Cette rando m’a ressourcée.

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