
L’édition 2016 du Mahoraid tombe … le jour de mon anniversaire.
Raison de plus pour être, une nouvelle fois, au départ.
Tout au long du parcours, j’ai plus utilisé ma GoPro. Le résumé de la course en vidéo :
Mais avant de pouvoir en arriver là … Contrairement à l’an dernier je savais cet Ultra-Trail « possible ». Il n’est plus question de savoir si j’ai les capacités d’aller au bout des 69 km mais quel entrainement pour progresser.
La préparation de cette « épreuve » a commencé début février et elle se déroule à 2 niveaux :
– Forcément cela débute par des séances de course à pied…. je me suis forcé à effectuer 3 séances hebdomadaires.
A la fermeture du stade fin février j’ai remplacé les séances de 300-400 ou 800M, un soir de la semaine, par des montées.

Cette montée juste à côté de chez nous, 10 fois par exemple.
Et des sorties dans le parc Mahabou, des sorties dans les padzas, des sorties sur route, retour de la plage en courant…. 123 km sur le mois de Mars et 168 Km en Avril. Mais cela n’est possible à Mayotte que en fin de journée ou le matin très tôt. Le reste du temps il fait trop chaud ! Ca limite un peu les possibilités…. Du coup j’ai essayé aussi les abdos, le soir sous la clim dans la chambre. Je suis particulièrement mauvais à ce jeu mais on a beaucoup ri aves les enfants qui me refaisaient.
– une partie « mentale », qui se voit moins mais a le plus de conséquence sur mon entourage. Je ne dois rien laisser au hasard. Il n’y a pas de place pour « la chance ». Je dois tout prévoir avant : Cure de vitamine, Régime sans alcool le dernier mois (même pas une petite bière), régime pâtes la dernière semaine (même des pates en « poudre » les 3 derniers jours). Vérification que je digère bien les barres de céréales et autres pom-potes. Penser à coller à la glue les semelles dans mes chaussures pour éviter qu’elle se déplacent après les passages dans les rivières. Crème sous mes pieds tous les soirs pendant 1 semaine pour éviter les ampoules. Préparer ce que je veux que Pauline m’amène à chaque ravito. Etc.
Etre super positif, foi totale et inconditionnelle dans mes capacités. Il n’y a pas de place au doute, dans la théorie. Plus de 15 jrs avant l’épreuve je ne pense quasi plus que à ça….. Je dois admettre que j’en deviens alors « pénible » pour Pauline et les enfants. Je suis un peu (très) susceptible et m’énerve vite. Heureusement, ça ne dure pas longtemps. 2 Jrs avant, de gros doutes subsistent, la pression monte, le sommeil se fait plus rare 🙂
Pour savoir où j’en suis « en direct », j’ai pris l’habitude de courir avec une montre qui me donne : mon temps total de course, Nb de km parcourus, vitesse réelle, vitesse moyenne ; Tout ou presque car non …. elle ne me donne pas l’heure !
Par rapport à ces données je me suis fait un prévisionnel, facile à faire puisque je me suis basé sur mon temps en 2015. Je savais tous les 10 km si j’étais en avance ou en retard (ah ça, jamais !!!). Et surtout je pouvais dire à Pauline, qui avait aussi cette feuille, à quelle heure je prévoyais d’arriver à chaque ravito.
Tsararano, premier ravitaillement où nous nous sommes retrouvés : au 36 ° km. Super Pauline et les enfants sont là malgré l’heure matinale :
Pauline devait m’apporter de la soupe + une autre paire de chaussures et de chaussettes (trop d’ampoules l’an dernier). Je suis dans un bon état physique et psychologique. 10 min de pause. Plus d’une demi heure d’avance par rapport à l’an dernier, je suis dans mes temps …..
En forme, avant d’attaquer pendant plus de 2 hrs le Benarra (le plus haut sommet de l’ile). La montée est dure, très dure.
Tout se passe à peu près comme je me l’étais imaginé, jusqu’au …. 50 ème km. Là, je tombe, petite chute anodine, je n’ai pas assez levé les pieds. Par contre de grosses crampes aux ischios apparaissent en tentant de me lever. Il le faut, trouver la force. Et je reprends la course en …. marchant.
Ravitaillement de Chirongui, au 54 ème km :
Aussi dans ces moments de souffrance, c’est super de retrouver Pauline et les enfants. Grosse pause pour reprendre des forces. Essayer de faire passer les crampes mais ça ne fonctionne pas bien. Ne pas s’éterniser, il faut repartir, plus que 14 km, ne plus …. penser.
Comme l’an dernier, Matthieu me rejoint au dernier ravitaillement, de Choungui, pour les 7 derniers km :
La fin fut laborieuse, à cause des crampes aux ischios, aux mollets. Mais grâce à Matthieu j’en vois le bout, je passe la lignée. Quel beau cadeau le jour de mon anniversaire !!!
J’avais annoncé à Matthieu que j’envisageais de mettre 12H (soit 1 Hr de moins que l’an dernier). Au final, je mets … 11H51. Super course, bien gérée jusqu’au 50 ème …. encore des progrès à faire sur l’alimentation pour mon prochain Ultra :-). Pas réussi à manger pendant 24 Hrs, petit vomito en rentrant. – 4 Kg en moins de 12 Hrs, je bats le record de nombreux régimes, non ??!!
Mais quel bonheur d’avoir participé à cette course soutenu par ma p’tite famille et les potes. Super ambiance à l’arrivée sur la plage. Merci à Matthieu et Marie, Raphaëlle et Nico, Mat’ et d’autres qui sont venus pour nous voir et mon anniversaire … un des plus originaux!
Lien Strava :
Génial la vidéo ! On réalise mieux les efforts et quelle belle arrivée! La musique est de circonstance!:)
Bon j’ai bien réfléchi, les -4 kgs c’est tentant mais je crois que je vais plutôt réduire le Nutella:)
Bravo encore Jérôme pour la perf et de gros bisous à vous 4
Nous n’arrivons pas à y croire ! La préparation nous a autant impressionnés que la performance .Un anniversaire sacrément mérité. Reprenez souffle tous les 4 ! MMad