Raid 101 Hippocampe – Trail de Vahibé

By mayotte, février 21, 2016

Première course de la « saison »: 25 kms de trail pour les plus sportifs, 15 kms de marche pour les « bouenis ». Jérôme et toute notre bande de potes, Mathieu Mat, Mallory, Cyril, Philippe, Morgane, Maxime s’inscrivent à la plus longue distance.

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Mais Virginie et moi tentons un nouveau concept : marcher en courant, courir en marchant. La « marche des bouénis » sera une distance idéale pour nous qui sommes peu entraînées.

Levés à 4H30, pour un départ annoncé à 6H30. Mais nous savons déjà que l’organisation sera le point faible de cette matinée…enfin, on n’imaginait pas à ce point. Une soixantaine de coureurs sont là (plus ou moins équipés…surtout Virginie qui n’a oublié que…ses chaussures). Mais les dossards n’y sont pas. Les précieux sésames finissent par arriver. Et nous découvrons un rectangle de tissu avec un numéro peint au feutre bleu.

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Dossard made in hand

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En moins de 2 minutes, l’organisateur nous explique le parcours du 25 kms, « très bien balisé ».

Le 15 kms ? Euh, il ne faut pas qu’on s’inquiète. Il y aura un croisement et quelqu’un sera là pour nous indiquer.

« 1,2,3 », le départ est donné avec plus d’1H de retard.

Le parcours monte raide vers des padzas (collines dénudées). Question de Pauline : »vous n’avez pas couru au départ ? C’était trop raide non ? »  Ben, si :-)).

Puis on s’enfonce dans les sous bois. Vous savez dans les zoos, quand vous visitez la partie tropicale et que vous entendez des bruits de jungle et sentez une chaleur moite vous envahir ? Eh bien, c’était exactement ça…la jungle pour de vrai; Mais pas de tigres ni de boas aux alentours. Quelques makis grognent dans les arbres. Le chemin se transforme en sentier périlleux, étroit et boueux. On travaille aussi notre détente en sautant par dessus les nombreuses racines ou troncs d’arbres en travers du chemin. Par moment, la vue se dégage, magnifique sur les collines environantes et sur le village de Vahibé.

Les choses se corsent au moment de trouver le bon itinéraire dans cette jungle. Le balisage est devenu inexistant. Dans un premier temps on nous explique que les coureurs sont allés plus vite que les baliseurs. Nous apprendrons plus tard que les baliseurs n’ont fait que la première partie du parcours (à Vahibé et rien ensuite car ils n’ont pas osé aller dans les villages voisins (Doujani, Passamainty) de peur de se faire prendre à partie par les villageois. En ce moment c’est « la guerre ouverte » entre les jeunes de ces villages. Caillassages de bus, bagarres à coup de bâton et/ou chombos sont relatés quasi quotidiennement dans le journal local. Nous avons traversé tous ces villages et n’avons rencontré aucun problème. Des gens toujours très gentils nous indiquant l’itinétaire pris par les précédents coureurs qu’ils avaient vus et nous encouragent.

Malgré cela, au final, tout le monde aura un itinéraire différent. Les moins chanceux feront 8 kms de plus que les autres. En moyenne, les 25 kms se transformeront en 22 kms, et les 15 kms en 10. En effet, au fameux croisement, pas d’indications. Un jalonneur nous regarde étonné, ah bon, y a un 15 kms? Heureusement, il y a beaucoup de mahorais dans les champs qui nous indiquent le retour vers Vahibé. Ils doivent nous prendre pour des fous. Ils suivent ces chemins, avec des kilos d’orange ou de bois juchés sur leur tête, parfois un enfant dans les bras. On choisit de remonter une pente raide sur 1 km plutôt que de se retrouver sur le parcours des 25 kms sans avoir la condition physique. La pente débouche sur des bangas de tôle étincelants récemment installés à flancs de colline. Une petite fille nous guide jusqu’au point de départ, le terrain de sport du village.

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L’arrivéeeeee !

Nous arrivons donc 2ème  ex aequo ( sur 10 !) en 1h 55. Ce qui nous permet de faire le 1°, et sûrement le seul, podium de notre vie !

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Podium et bouclier de Brémus façon locale

Après 3 passages de rivières et de nombreux aller-retour dans les padzas et champs de bananes, les traileurs arrivent tous dans un mouchoir de poche, avec un bel état d’esprit, ils se sont attendus par moment. Jérôme et Matthieu arrivent forcément ensemble, 17 ° ex aequo.  Belle sortie longue en vue du Mahoraid! Bananes, samossas, et pillao (riz et viande) sont au menu de ce ravitaillement local à midi. Marie nous a rejoint pour l’arrivée.

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Après l’effort !

C’est au tour des enfants de partir faire du sport. Arthur a un match de rugby dans le nord de l’île et Mia va au poney dans le sud. Des voisins se chargent de les accompagner, on peut donc s’offrir une sieste !

2 Comments

  1. Bernard et Martine dit :

    C’est pas étonnant qu’il n’y ait pas de commentaire, c’est trop. on se régale à vous lire, mais on souffre des retards, de la chaleur, du balisage. Juste une question : n’y a-t-il pas des coureurs qui courent encore, égarés dans la jungle ? il faudrait faire ces courses équipé d’une balise de détresse, au moins !

  2. Bibi dit :

    Bravo pour le podium!!!!